L’Arbre de vie, lien entre les mondes et les cultures


L’Arbre de vie est une des compositions géométriques dérivable de la Fleur de vie. Cette Onde de forme est aussi un symbole à part entière du cheminement spirituel. L’Arbre de vie est principalement décrit dans la Kabbale, la mystique juive, mais aussi dans la mystique chrétienne, ou dans d’autres courants comme la théosophie.

En effet l’arbre est un symbole universel de la vie, car son cycle suit les saisons et donc l’ordre naturel. Renaissant à chaque printemps, l’arbre symbolise vie, mort et renaissance.


Au cœur de bien des traditions religieuses et spirituelles, l’Arbre de vie figure dans les scènes fondatrices du paradis perdu monothéiste, comme au centre de la mythologie nordique en tant qu’Arbre-monde avec Yggdrasil ou du monde païen avec Irminsul.
La tradition biblique associe l’arbre à la connaissance, au bien et au mal et au fruit défendu. Mais l’Arbre de vie, aussi dit « Arbre du monde » ou encore « Arbre cosmique, est avant tout un symbole cosmologique qui relie les mondes, tel que l’Arbre de vie de la Kabbale.

L’arbre relie les trois mondes : souterrain, terrestre et céleste. Les racines de l’arbre plongent dans les antres de la terre alors que ses branches s’élancent vers le ciel. L’arbre relie aussi les mondes sur un plan plus subtil, offrant un lien entre le monde matériel et physique et le monde invisible et spirituel. Cette symbolique est commune aux arbres de vie de nombreuses cultures au travers des époques. Les trois mondes, ciel, terre et sous-terre, portent des noms différents mais renvoient tous au même concept. En Inde, par exemple, le monde céleste est svarga, le monde terrestre bhûmi et le monde souterrain pâtâla.

Yggdrasil dans la mythologie nordique, wacah chan chez les Mayas, pochotl pour les Aztèques, kien mou pour les Chinois, shinboku au Japon, ashvattha en Inde, Huluppu en Mésopotamie…Tous ces Arbres sacrés endossent cette même fonction de relier les mondes. Dans les cultures Incas et pré-Inca on trouve des arbres du monde qui servent de portail aux morts. Ils représentent un axis mundi (axe du monde) mais aussi une cosmologie.


Dans la Culture Amérindienne, l’Arbre de vie symbolise la connexion entre le monde terrestre et le monde céleste. Les racines représentent la terre, le tronc représente la vie, et les branches représentent le monde céleste, dans lequel chaque être humain entre après la vie. Les Amérindiens plaçaient même des attrape-rêve arbre de vie au-dessus de leur parure de lit pour se protéger des esprits négatifs de la nuit.


Du Mali aux plaines sibériennes, presque toutes les cultures parlent d’un Arbre cosmique. Chaque culture met généralement un arbre spécifique à l’honneur. Pour la Grèce, c’est l’olivier, alors que pour l’Égypte, l’Arbre de vie est l’acacia ou le sycomore. Pour les indigènes mapuches du Chili, c’est l’araucaria. En Inde, c’est sous un figuier que Bouddha atteint l’illumination. Chaque type d’arbre possède sa symbolique propre. Le druidisme place les arbres au cœur de sa spiritualité et considère que les arbres sont guérisseurs. Cela fait de l’arbre un symbole celte important. Pour la géométrie sacrée, l’Arbre de vie est une des compositions dérivables de la Fleur de vie.

L’Arbre de vie est un symbole commun aux nombreuses cultures du globe. Il en existe autant de variantes que de cultures. Néanmoins, le symbole de pont entre les mondes est partagé par toutes. Mais s’il y a une tradition pour laquelle l’arbre de vie est un symbole central c’est bien la mystique juive, pour qui il représente le cheminement spirituel.

L’Arbre de vie des Séphiroth représente symboliquement, dans la Kabbale, les lois de l’Univers.

Le mot Kabbale vient de « Ka-Ba-La » : ce terme désigne le corps, l’âme et l’esprit de la Tradition des Enfants de la Lumière.
« Ka » désigne le corps de la Tradition manifesté dans le monde par Pharaon, c’est-à-dire le Maître, le représentant incarné de la Tradition. Celui-ci est le garant de la transmission du corps et de la mémoire de cette tradition intemporelle, primordiale. C’est pourquoi Jésus, à son époque, dira : « Nul ne peut aller au Père sans passer par moi », sans passer par la Tradition vivante et incarnée par un homme préparé et consacré à cette mission.
« Ba » désigne l’âme de la Tradition qui ouvre le chemin de l’envol vers les mondes supérieurs et l’union avec l’Esprit.
« La », c’est l’Esprit de la Tradition, le Père. Dans la gamme musicale, c’est la note qui harmonise toutes les autres. Ainsi, le « La » représente l’origine, le centre et le sommet, l’unité vivante des voix multiples.

Omraam Mickael Aivanhov disait : « L’Arbre séphirotique de la Kabbale, ou Arbre de Vie kabbalistique, n’est pas une description scientifique de notre univers, mais un système d’explication du monde qui est de nature mystique. Par la méditation, par la contemplation, les esprits exceptionnels qui l’ont conçu sont parvenus à saisir une réalité cosmique qu’ils ont traduite à l’aide d’images, de symboles.
Depuis Aïn Soph Aur, Lumière sans fin, jusqu’à Malhouth, la Terre, l’Arbre séphirotique nous dit comment la Vie divine circule dans l’univers. Tâchez de vous nourrir chaque jour de ses fruits. Peut-être ne comprendrez-vous jamais parfaitement cette figure et, à plus forte raison, n’arriverez-vous pas à réaliser les vertus et les puissances qu’elle représente, mais elle sera là pour vous comme l’image d’un monde idéal qui vous tirera toujours vers le haut. »

L’Arbre de la Kabbale est l’Arbre de Vie au milieu de l’océan cosmique. Cet océan cosmique, les kabbalistes l’ont appelé Aïn Soph Aour, la lumière sans fin, l’énergie créatrice universelle.
Chez les anciens Égyptiens on l’appelait Nout, c’est-à-dire les eaux primordiales.
L’Arbre de Vie c’est vous, c’est moi, et vous êtes au milieu de cet océan d’énergie.

Cet Arbre de vie est composé de dix sphères (plus une cachée) : celle qui est en haut est appelée Kéther, ce qui signifie « la couronne » ; celle qui est en bas et qui porte toute la structure représente la terre et est appelée Malkhouth, ce qui signifie « le royaume ».

Les 3 sphères du haut correspondent à la divinité et aux trois aspects : Père ; Fils ; Esprit.
Les 7 autres sphères correspondent à la création issue de cette divinité.
Ainsi, la triple divinité agit sur la matière.

Chaque séphira représente un attribut de dieu, associée à un royaume symbolique qui est lui-même associé à une couleur, une planète, un élément, un chiffre, un ange… Voici la liste des noms hébraïques des dix séphiroth et leur traduction approximative, du haut vers le bas :

  1. Kéther – Couronne
  2. Ḥokhmah – Sagesse
  3. Binah – Intelligence
  4. Ḥessed – Miséricorde
  5. Gébourah – Force
  6. Tiphéreth – Beauté
  7. Netṣaḥ – Victoire
  8. Hod – Gloire
  9. Yessod – Fondation
  10. Malkhouth – Royaume

Pour atteindre la couronne, Kéther, l’initié doit passer par ces neuf étapes, en commençant par Malkhouth, le royaume manifesté. Les sept premières séphirot à la base de l’arbre sont de l’ordre de l’expérience émotionnelle consciente, puis Binah et Hokhma sont de l’ordre de l’expérience intellectuelle consciente, de la sagesse. Enfin, la séphira de la couronne correspond à un niveau de conscience supérieure, la conscience divine.

Yessod signifie fondation. Cette fondation est notre perception mais aussi notre inconscient, notre imaginaire ou nos rêves. Yessod touche à notre capacité à voir et recevoir. Liée à la lune et au secret, cette réceptivité est la fondation des deux séphirot suivantes.

Hod est la séphira de la gloire, de la majesté. Elle est liée à la capacité d’abstraction et de conceptualisation qui intervient dans le langage, les sciences et la connaissance de manière générale. Elle gouverne la raison, la communication, le droit, les mathématiques ou encore la magie. Liée à l’élément air et à la planète Mercure, Hod découle de Yessod et fait face à Netsah.

Netsah signifie victoire, mais peut aussi être traduit par éternité. C’est la séphira de Vénus, de l’amour, de la beauté, de la joie ou de la sensualité. Liée à l’eau et à la beauté, Netsah parle de l’ouverture aux autres. L’équilibre de Hod et Netsah conduit à Tiphéret.

Tiphéret se traduit par beauté. Cette séphira est associée au soleil, à la lumière, ou encore à l’or. Séphira de l’harmonie, de l’équilibre, Tiphéret est placée au croisement de Hod et Netsah, et des deux séphirots suivantes, Gébourah et Hessed. Elle est à la convergence de ces quatre énergies : l’intellectuel pour Hod, l’émotionnel pour Netsah, la discipline et la compassion pour Gébourah et Hessed.

Gébourah est la sphère de la force. Elle est associée à la planète Mars, au feu, à la couleur rouge et au pouvoir. Cette séphira puissante est liée à la justice, à la discipline, ou encore au courage.

Hessed veut dire miséricorde, amour. Séphira de la bonté, mais aussi de la créativité, elle est associée à la planète Jupiter, à la couleur bleue et à l’eau.

Binah c’est l’intelligence, la capacité de compréhension, mais aussi l’intuition et la contemplation. Associée au noir, Binah parle d’une intelligence logique et rationnelle.

Hokhmah, la séphira qui fait face à Binah, est le siège de la sagesse. Il s’agit là de la sagesse des érudits. C’est la séphira la plus élevée qui s’incarne dans ce monde manifesté, car la suivante et dernière appartient au divin.

Kéther est la couronne suprême. Reliée à Hokhma et Binah, sagesse et intelligence, ainsi qu’à Tiphéret, la beauté, Kéther représente le sublime, l’inaccessible. C’est la séphira la plus proche du ein-sof, l’énergie divine dont elle émane. Elle est généralement associée au blanc. Kéther est directement associée à dieu, et à l’union avec le divin. Étant de nature divine, sa nature exacte n’est pas compréhensible. C’est la séphira du grand mystère.

L’Arbre de vie représente la connexion entre la terre et le ciel, entre le monde manifesté et le divin. On dit que Kéther se reflète dans Malkhouth, et inversement, c’est-à-dire que les niveaux les plus fondamentaux et les plus élevés d’énergie sont constamment liés. Dans l’Arbre de vie, le divin se révèle dans chaque séphira, dans chaque royaume, sous un aspect différent. Toutes les séphirot contiennent toutes les énergies de leur royaume, dont leurs contraires. L’équilibre de chaque sphère et entre les sphères est une carte de route pour l’initié qui cherche à se rapprocher du divin.

Le jeu de la marelle pourrait être une voie initiation à l’Arbre de vie. Sa ressemblance avec l’Arbre des Séphiroths est trop similaire pour être le fruit du hasard, de la providence.