« L’agriculture naturelle » de Masanobu Fukuoka (livre pdf en téléchargement).

L’idée fondamentale de l’agriculture naturelle est que la nature doit rester libre de toute ingérence et interventions humaines. Elle s’efforce de restaurer la nature détruite par le savoir et l’action de l’homme et de ressusciter une humanité séparée de Dieu.

Dès lors que l’on accepte le fait que la nature a été lésée par l’action de l’homme et de son savoir, et que l’on a renoncé à ses instruments du chaos et de la destruction, la nature recouvre toute sa faculté de nourrir toutes les formes de vie. Le chemin vers l’agriculture naturelle est le premier pas vers la restauration de la nature.

L’objectif de l’agriculture naturelle est la non-action et le retour à la nature.

L’agriculture naturelle est une agriculture du « non-agir ». Si l’on dit « ceci est inutile, cela est nécessaire », ou « il faut faire ceci ou cela », c’est que l’on a créé les conditions préalables qui donnent à cette chose sa valeur. Nous créons des situations dans lesquelles, sans ce quelque chose dont nous n’avions jamais eu besoin en premier lieu, nous sommes perdus. Et pour nous sortir de cette situation fâcheuse, nous faisons ce qui nous semble être de nouvelles découvertes, que nous proclamons alors être le progrès.

Irriguez un champ et retournez-le avec une charrue, et le sol deviendra aussi dur que du plâtre. Si la terre meurt et se durcit, il faut alors labourer chaque année pour l’ameublir. Tout ce que nous faisons crée les conditions qui rendent la charrue nécessaire, et nous nous réjouissons alors de l’utilité de notre outil. Nulle plante à la surface de la Terre n’est faible au point de ne pouvoir germer que dans un sol labouré. L’homme n’a pas besoin de travailler et de retourner la terre, car les micro-organismes et les petits animaux jouent le rôle des laboureurs de la nature.

L’objectif de l’agriculture naturelle est la non-action et le retour à la nature ; elle est centripète et convergente. A l’inverse, l’agriculture scientifique rompt avec la nature et s’en éloigne au rythme de l’expansion des besoins et des désirs humains ; elle est centrifuge et divergente. Parce que cette expansion vers l’extérieur ne peut être enrayée, l’agriculture scientifique est condamnée à l’extinction.

Dès le moment où l’agriculteur qui travaillait main dans la main avec la nature à capitulé sous la pression de la société, devenant un sous-traitant de l’industrie pétrolière, la conduite de sa vie est passée aux mains de l’industriel et de l’homme d’affaires.

L’homme a quitté le sein de la nature et n’a que récemment commencé à prendre conscience avec une alarme croissante de sa position d’orphelin de l’univers. Loin de la nature, l’existence humaine devient creuse, la source jaillissante de la vie et de la croissance spirituelle s’étant complètement tarie.

L’âge de l’expansion agressive de notre civilisation matérialiste touche à sa fin, et un nouvel âge de consolidation et de convergence, âge du « non-agir » est venu. L’homme doit se hâter d’établir un nouveau mode de vie et une culture spirituelle fondée sur la communion avec la nature sous peine de s’affaiblir et de se débiliter toujours plus en tournant en rond en une frénésie d’efforts gaspillés et de désordres.

La nature est une; il n’y a ni point de départ, ni destination, mais seulement un flux sans fin, une métamorphose continue de toutes choses.

Aucune des lois de l’agriculture moderne n’est significative. « La nature est un tout indivisible; toutes les lois émanent d’une source unique et retournent vers Mu, ou la non-existence. »

Dans leur recherche de l’équilibre, les végétaux ont une aversion non seulement pour les déficiences en éléments nutritifs, mais pour les déficiences et les excès en quoi que ce soit. Il n’y a dans la nature ni grand, ni petit, seulement une grande harmonie.

En appliquant un savoir discriminant à la nature, le scientifique réduit celle-ci en mille morceaux. L’homme est devenu si absorbé par l’exploration des parties, qu’il a abandonné sa quête de la vérité du tout.

Si nous dépouillons la nature des couches que lui ont ajoutées l’action et le savoir humain, la nature vraie en émergera.

L’agriculture naturelle commence avec le postulat que la nature est parfaite.

Il n’y a ni bien, ni mal dans la nature. L’agriculture naturelle n’admet l’existence ni des insectes nuisibles, ni des insectes utiles. Dans le monde naturel, le temps et l’espace sont transcendés, il n’y a ni grand, ni petit, ni vie, ni mort, ni ascension, ni chute. Il n’y a pas de dualité, que de l’unité. Il ne faut pas considérer les choses de manière relative mais adopter un point de vue qui transcende le temps et l’espace. Nous sommes captifs des notions de temps et d’espace, nous ne sommes capables de voir les choses qu’en fonction des circonstances.

L’absence de plan est le meilleur plan. La nature aux yeux de l’homme semble imparfaite, mais les marques potentielles d’imperfection n’apparaissent que lorsque la nature a été contrariée, a été affectée par l’action de l’homme. Laissée à ses propres cycles et à ses propres œuvres, la nature n’échoue jamais. C’est justement lorsque la nature est laissée dans un état contre-nature que le labeur incessant de l’homme commence. Parce qu’il rend la nature artificielle, l’homme doit compenser et corriger les défauts qui proviennent de cet état artificiel.

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